[BLACKPINES STORY#1] - 40 ans, un permis A2 et alors ?

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Voilà, j’ai quasi 40 ans, un enthousiasme indéfectible, les genoux de ma grand-mère et… un permis A2 en poche. Toutes les conditions réunies pour ne pas prêter le flanc aux critiques moqueuses de celles et ceux qui s’efforcent d’oublier leurs débuts. Oui, j’ai 40 ans, un permis A2 et alors ?

Il n’y a pas d’âge pour tomber amoureux

Quoi de mieux, pour se réfugier de temps à autre, qu’une passion, une cafetière et un pote qui se fout de l’ancienneté de mon permis ? Je répondrais sans la moindre hésitation : le plaisir de bricoler une moto aux chromes piqués. Ou encore, tenter de réparer un compteur sur lequel Jésus lui-même a dû tapoter son index salvateur. Parce que vraisemblablement, même par apposition de ses mains divines, celui-ci ne reviendra pas parmi nous. Nous avons tous nos coups de foudre. Moi, mon premier amour se porta sur la Yamaha 600 XT. Le jour où, enfin, j’ai pu m’en offrir une, comment vous dire ? C’était…  OUAH ! J’avais l’impression d’avoir dégoté un rencard avec la plus belle fille du lycée.

Je revivais mes 15 ans et, le cœur battant, je me rendais à la soirée de l’année. Hors de question de perdre plus de temps à comprendre pourquoi j’avais autant de chance ! À la fois excité et inquiet, je suis arrivé à la station-service crasseuse où nous avions convenu d’un rendez-vous pour la vente.

Je la vois ! Elle se tient à quelques mètres seulement de moi, fièrement campée sur ses deux roues. La reine du bal ! Je ne dirais pas non à un verre, histoire de soulager ma gorge soudain asséchée. Légèrement penchée sur sa béquille latérale, elle m’invite à la rejoindre. Je m’approche et… que voulez-vous, même les sublimes japonaises subissent les outrages du temps. Mais qu’à cela ne tienne, ce vieux rêve d’adolescent est devenu concret. 

Offrir à sa moto son identité

Je la retrouvais chaque jour, identique aux autres, fidèle à ses formes, à son allure. De là, est née l’envie de trouver dans mon garage MA moto. Je n'avais plus d'attirance pour cette version semblable à toutes celles fabriquées cette même année. J'attendais autre chose, de plus personnel. Je désirerais plus qu’une 600 XT, je voulais ma moto. S’en est suivi une période intime au fond de mon garage que la décence me limitera à quelques indications sommaires.

Ainsi, pour plus de confort, je l’ai installé sur le lève moto. J’ai ensuite organisé un espace suffisant autour d’elle pour ranger mes outils, mes accessoires et les pièces détachées nécessaires à sa transformation. Mon garage n’avait rien à envier à une véritable salle d’opération ! Dans un coin, le café s’écoulait goutte à goutte. J’ai mis un cd des Doors dans mon vieux lecteur, suspendu au-dessus de l’établi, et j’ai ouvert ma boîte à outils. Aux premières notes de Riders On The Storm,  je me suis lancé…

Après le temps nécessaire à l’aboutissement de mon projet, ma Yamaha 600 XT devint telle que je le souhaitais : une moto personnelle, celle que j’aime et qui me ressemble un peu plus.

40 ans, un permis A2 et alors ?

De là, est né un sentiment sans jugement. Je ne fais que regarder ça de loin, amusé. Ce besoin impérieux de tout garder « comme à l’époque » m’échappe un peu. Comme l’impossibilité de passer au stade suivant, d’être bloqué dans un état de fait. « Ah ! Ça me rappelle ma jeunesse, tu te souviens ? C’était une époque merveilleuse ! ».

Bien souvent, ce besoin impérieux, de garder la peinture d’origine, indépendamment de sa beauté, s’impose de façon inéluctable. Cette moto est payée, mais elle n’est pas, pour autant, la leur. Non, elle demeure celle du catalogue, de cette année précise, à l’identique. Malgré tout, elle est investie de souvenirs personnels, de moments forts pour son propriétaire et le jour d’une éventuelle vente, une somme parfois déraisonnable est demandée. Par définition, les souvenirs n’ont pas de valeur marchande, mais je respecte ces souvenirs bienveillants. Parce que si je n’ai qu’un permis A2 en poche ma passion pour la moto est bien réelle.

Si l’objet acheté est le même que tous les autres, pourquoi ne pourrait-on se l’approprier ? Le modeler, en quelque sorte, afin qu’il soit à l’image de son acquéreur. Personnaliser ces machines complexes, c’est aussi une marque de respect envers le travail de leurs concepteurs.

Rien de tel qu’une virée en moto

C’est pour ces raisons que je pratique la moto, me balader en moto au hasard des routes, contempler des paysages parfois accessibles uniquement en 2 roues. L’envie d’être nulle part, de ne pas toujours être capable de me situer sur une carte, le besoin de retrouver une certaine idée de la liberté. De toute façon, c’est souvent le même qui ouvre la route. On a tous cet ami amoureux des bicylindres de Milwaukee au bruit de lave-vaisselle que l’on vide, à moins que cela ne soit mon lave-vaisselle qui fasse un bruit de Harley, je ne sais plus.

Je ne me souviens que des bons moments, des haubans de lumière dans les arbres, l’odeur des motos devant moi, du soleil en terrasse. Le plaisir aurait été le même sur une S1000R ou une Inazuma. Dans tous les cas, j’aurais fait en sorte qu’elle s’accorde autant que possible avec mon blouson.

Et vous, seriez-vous prêt à nous partager votre histoire ? N’hésitez pas à nous envoyer votre Blackpines Story ! 


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